Indemnisation après un accident de trottinette : Vos droits et recours

La trottinette électrique s’est imposée en quelques années comme un mode de déplacement urbain incontournable. Mais avec l’explosion de son usage, les accidents se multiplient : chutes, collisions avec des piétons, accrochages avec des véhicules motorisés. Les blessures peuvent être sérieuses (fractures, traumatismes crâniens, lésions ligamentaires) d’autant que le port du casque n’est pas obligatoire pour les adultes.

Obtenir une indemnisation après un accident de trottinette dépend avant tout de la nature de l’engin, des circonstances de l’accident et des assurances en présence.

Le statut juridique de la trottinette : une distinction essentielle

Avant d’aborder la question de la responsabilité et de l’indemnisation, il est indispensable de distinguer plusieurs catégories d’engins.

On distingue d’abord les trottinettes mécaniques (sans moteur), considérées comme des engins de déplacement personnel non motorisés. Elles ne relèvent pas du régime protecteur applicable aux véhicules terrestres à moteur.

À côté, certaines trottinettes motorisées non conformes à la réglementation (non EDPM) circulent également : engins débridés, dépassant les vitesses autorisées ou non homologués pour la voie publique. Leur statut peut poser des difficultés en matière d’assurance, notamment en cas d’accident, avec un risque de non-garantie.

Enfin, les trottinettes électriques conformes (EDPM) sont classées comme engins de déplacement personnel motorisés depuis le décret du 23 octobre 2019. Elles sont soumises à des règles spécifiques de circulation et d’assurance.

Toutefois, leur qualification au regard de la Loi Badinter fait encore débat : la jurisprudence reste fluctuante sur leur assimilation à un véhicule terrestre à moteur. En pratique, cette qualification dépend souvent des circonstances de l’accident, notamment lorsqu’un véhicule motorisé est impliqué.

Source : Décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 relatif aux engins de déplacement personnel motorisés – Légifrance

Responsabilité d'un accident de trottinette

Lorsqu’une trottinette est impliquée dans un accident avec un véhicule motorisé, la victime peut bénéficier du régime protecteur de la Loi Badinter selon les cas. Ce régime est particulièrement favorable aux victimes non conductrices, avec une indemnisation large, sauf faute inexcusable.

 

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C’est l’une des situations les plus fréquentes. Le piéton bénéficie d’une protection renforcée. Le conducteur de trottinette peut voir sa responsabilité engagée et son assurance responsabilité civile sollicitée.

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En l’absence de motorisation, le régime de la Loi Badinter ne s’applique pas. La responsabilité est déterminée selon les règles classiques du droit civil.

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Quelle assurance couvre l'accident de trottinette ?

Tout utilisateur de trottinette électrique doit disposer d’une assurance responsabilité civile spécifique, couvrant les dommages causés aux tiers. En revanche, cette garantie ne couvre pas les blessures du conducteur lorsqu’il est responsable. Pour cela, une garantie complémentaire est nécessaire (garantie individuelle accident ou garantie accident de la vie). Il est donc essentiel de vérifier ses contrats avant tout sinistre.

Pour les trottinettes en libre-service (Lime, Tier, Dott…), l’assurance est généralement incluse, mais les garanties varient selon les opérateurs. Si le responsable est non assuré ou non identifié, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) peut intervenir pour indemniser les victimes.

Les préjudices indemnisables après un accident de trottinette

Le principe est celui de la réparation intégrale : la victime doit être replacée, autant que possible, dans la situation qui aurait été la sienne sans l’accident. Les préjudices sont évalués selon la nomenclature Dintilhac.

Préjudices patrimoniaux (financiers)

  • Frais médicaux restés à charge, rééducation, pertes de revenus, incidence professionnelle, assistance humaine, aménagement du logement.

Préjudices extra-patrimoniaux (personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire, déficit fonctionnel permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, préjudice sexuel, préjudice d’établissement.

Dans la pratique, certains postes sont régulièrement sous-évalués par les assureurs. Une analyse précise du dossier permet d’éviter ces omissions.

Procédure d'indemnisation lors d'un accident de trottinette non responsable

1. Déclaration de l'accident

Déclarez l’accident dans les 5 jours ouvrés. Un constat ou un procès-verbal facilite l’analyse des responsabilités.

2. Constitution du dossier

Rassemblez tous les éléments : certificats médicaux, arrêts de travail, factures, photos. Un dossier complet est déterminant pour la suite de la procédure.

3. Expertise médicale

En cas de blessures, une expertise est organisée. Il est fortement recommandé d’être assisté (médecin conseil et avocat) pour éviter toute sous-évaluation des séquelles.

4. Offre d'indemnisation

Lorsque le régime de la Loi Badinter s’applique, l’assureur est tenu de respecter des délais stricts pour formuler une offre.

5. Négociation ou action judiciaire

Si l’offre est insuffisante, elle peut être contestée. L’intervention d’un professionnel permet de négocier efficacement ou d’engager une procédure judiciaire si nécessaire.

Vous pouvez être accompagné par un avocat à chaque étape afin d’éviter les erreurs et sécuriser votre indemnisation.

Quel montant d'indemnisation après un accident de trottinette ?

Le calcul dépend de plusieurs critères : taux d’incapacité, âge, situation professionnelle, impact sur la vie personnelle. Chaque poste de préjudice doit être identifié, justifié et chiffré avec précision. Dans la pratique, ce travail nécessite une analyse juridique et médicale approfondie afin d’obtenir une indemnisation conforme à la réalité des séquelles.

À titre d’exemple : un piéton de 45 ans victime d’une fracture avec un DFP de 8 % peut obtenir une indemnisation significative, à laquelle s’ajoutent les pertes de revenus et les autres préjudices.

Accident de trottinette : comment obtenir une indemnisation juste ?

Certaines séquelles apparaissent tardivement. Il est essentiel de consulter rapidement un médecin afin de documenter l’ensemble des lésions.

L’offre de l’assureur est rarement définitive ni optimale. Une analyse préalable permet d’éviter une indemnisation insuffisante.

Une transaction acceptée est difficilement contestable par la suite, même en cas d’aggravation.

La complexité des accidents de trottinette (statut juridique, responsabilités, assurances multiples) rend l’accompagnement particulièrement utile pour défendre efficacement vos intérêts.

Ce qu’il faut retenir

L’indemnisation après un accident de trottinette dépend du statut de l’engin et des circonstances de l’accident.

La qualification juridique des trottinettes électriques reste encore discutée en jurisprudence, ce qui peut influencer le régime applicable et les droits de la victime.

Dans tous les cas, la qualité du dossier, l’expertise médicale et la stratégie mise en place sont déterminantes pour obtenir une réparation complète.

Vous avez été blessé lors d’un accident de trottinette et souhaitez connaître vos droits ? Contactez-moi pour faire le point sur votre situation : le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement.